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Écrit par Roger Blandignères
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07-02-2011 |
Dans la triste vallée de la mort, pyjama fripé, tu attends fatalement Reclus tel un pantin désarticulé, l'air hagard, dans cette horrible chambre Au bout de ta vie, du lit à la fenêtre, de la fenêtre au lit, indignement Tu subis, telle une bête à l'agonie, tu partiras peut-être en décembre
Par pudeur les oiseaux ont quitté la forêt, les bergers du trépas te sourient La solitude t'a choisi comme allié, dans le vacarme du silence, tu rêves encore A ce vent de liberté où jadis tu dressais les oripeaux de l'insouciance tel un insoumis Sur les chemins de l'absolu et de l'utopie, grisé par ta jeunesse et le vin de ton amphore
Comme une âme en peine tu conjures ces petites mains quotidiennes du diable Avant hier aux premiers soubresauts de l'automne, alors que le vent s'époumonait Tu accompagnais ton ami de jeunesse au cimetière des souvenirs inoubliables
Dans cette cellule qui n'a rien d'une prison dorée, tu fustiges ton adorable famille Qui t'a laissé choir, comme un vulgaire chiffon élimé qu'on prend puis qu'on jette Ton cœur pleure les larmes sèches du désespoir, meurtri tu subis ta dernière banderille
Roger Blandignères Le 28 janvier 2011
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