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Écrit par Roger Blandignères
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05-01-2010 |
Dans mes plaines désertiques, le vent froid s'époumone à perdre haleine Comme sur l'éphéméride usagée de ma vie qu'il effeuille avec peine Errant sur ce chemin rocailleux, j'ai jeté mon modeste et précieux parchemin Sous l'herbe flétrie, mes pensées gémissent au son entrecoupé d'un clavecin
L'ombre du silence accompagne mon regard et bâillonne mes rancœurs Les dernières lueurs pales du jour apaisent mon âme aux multiples aigreurs Telle la main du peintre esquissant sur cette toile le contour de mes ténèbres Balayant d'un revers de fusain un léger soupir, inutile parole aux bordures funèbres
Mes lèvres tremblent, mes paupières s'alourdissent, je jette un dernier regard Sur les clichés de mon existence, je ne me retourne plus, il est déjà trop tard Pudique la lune blafarde détourne ses yeux, tandis qu'une étoile illumine ma solitude Là-bas sur ma planète, je me vois rêver de tout et de rien peut être de quiétude
Ereinté et solitaire sur cette sente devenue trop étroite, mes pas s'enfoncent dans l'oubli Les images froissées du passé ressurgissent tel un kaléidoscope déroulant sa parodie Sensation étrange au goût de fiel, la pellicule se déchire, je l'abandonne sans regret Dans les lacs mélancoliques de mon destin, les astres de la nuit m'ont une dernière fois éclairé
Au fin fond de la vallée, la complainte d'un violon surgit du néant et arrache mes chaînes Sa mélodie plaintive dessine sur mon visage les rides du déclin, fatalité inhumaine Mes yeux se ferment et refusent ce monde où tout est faux où tout est fou, triste mélodrame Au bout de la nuit mon esprit s'envole à jamais, sans regret, sans remord, sans état d'âme.
Roger Blandignères Le 4 janvier 2010
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