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Écrit par Roger Blandignères
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29-10-2009 |
Le jour commence à s'essouffler, la nuit installe son linceul Au dehors le vent balaye la terrasse et agite l'énorme tilleul, Alignées les cheminées vomissent d'épaisses fumées grisâtres Sous la tonnelle, une bûche attend de finir ses jours dans l'âtre
Les cimes des vieux cyprès du cimetière s'agitent désespérément Tourmentés par des bourrasques venues les frapper violemment Dans la rue, transis par le froid quelques passants pressent leurs pas Telles des marionnettes de chiffons désarticulées dans leur dernier trépas
Là-bas sur les coteaux, dame nature offre son sourire glacial Maître zéphyr souffle sa rage cinglante, pour ce triste cérémonial La frêle haie d'aubépine a revêtu maladroitement sa parure hivernale Chassant un timide rouge-gorge, désormais seul et toujours en cavale
Tel un métronome, dans sa symphonie polaire, le froid s'est installé Sa partition inhospitalière et rigoureuse laisse courir un air désabusé Sur l'imposant chêne du village, grelotant de tous ses membres endoloris La voûte étoilée scintille de mille feux, palette lumineuse à la mine réjouie
Le paysage se fige, muet et désertique, un silence surprenant s'oblige Seul le tintement du clocher, résonne sur les vieilles pierres, derniers vestiges Sournoise, l'obscurité retient son souffle, l'hiver s'invite tel un imposteur Séduisant soupirant, aux fantasques égarements d'un prédateur ou d'un séducteur.
Roger BLANDIGNERES Le 27 octobre 2009
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